Pour mémoire, l'augmentation du smic (appelé smig à l'époque) a déjà été le fer de lance de la campagne des socialistes en 1981 avec François Mitterand.
Le smic était alors à 2634 francs brut mensuel (01/03/1981). Il est passé à 2898 francs brut mensuel le 01/06/1981 (juste après les élections) puis à 3005 francs brut mensuel le 01/09/1981 pour terminer à 3078 francs brut mensuel le 01/11/1981.
Il y a donc eu une hausse particulièrement sensible du pouvoir d'achat sur la période de 1981 qui a permis à un plus grand nombre de mieux faire face aux dépenses.
Dans un premier temps cela a tout a fait été appréciable.
Mais... car il y a un mais :
Bref dès 1982 on se rendait déjà compte de combien tout cela avait été artificiel et rapidement annihilé par les augmentations du coût de la vie.
Conclusion : une augmentation dans l'absolu du salaire minimum ne règle rien.
C'est ce que propose Ségolène Royal qui, à ce sujet, se calque sur la même campagne que François Mitterand en 1981.
L'augmentation du pouvoir d'achat comme le propose Rachida Dati, porte parole de Nicolas Sarkozy, correspond non pas à une augmentation d'une catégorie de salaire, en l'occurrence le smig, mais à l'amélioration de la capacité d'achat de tous les français.
Cette amélioration peut provenir d'une baisse des coûts : exemple demain je paye moins cher mon abonnement téléphonique donc j'ai une augmentation de mon pouvoir d'achat. Ou encore je paye moins de taxe d'habitation, d'impôts, etc...
Ou encore d'une augmentation des salaires parceque l'employeur privé a de meilleures ventes, paye moins de charges, une meilleure productivité et donc peut répercuter des augmentations de salaires.
C’est dans cette nuance que tient toute la différence des deux propositions : dans un cas on décrète l’augmentation d’un salaire minimum, quelque soit les conditions économiques et sans que cela corresponde à une amélioration qui permette cette augmentation, dans l’autre cas on influe sur l’économie avec des actions positives pour atteindre un objectif, celui d’une progression généralisée du pouvoir d’achat.
Dire qu’il n’y a pas de différence entre ses deux propositions c’est ne rien comprendre à l’économie !
PS : cet article répond (entre autre) à la polémique soulevé sur son blog par Versac
Rachida Dati sur sarkozy-debat.fr
Commentaires